Loading...

Promenade dans le quinzième d’hier et d’aujourd’hui

16/05/2025

Aujourd’hui : Bir Hakeim - Dupleix - Motte-Picquet : Paris entre fer, pierre et souvenirs

Bienvenue dans l’un des quartiers les plus “discrets-chics” du 15e arrondissement de Paris. Ici, on vit sous l’ombre bienveillante de la tour Eiffel, entre larges avenues, immeubles bourgeois et petits commerces à l’ancienne. Mais ce quartier n’a pas toujours eu ce visage paisible et résidentiel. En grattant un peu, on y découvre une véritable toile d’histoires, de rues aux noms évocateurs et de vestiges du Paris en transformation.


Un quartier militaire, marin… et un peu révolutionnaire

La Motte-Picquet – Grenelle : une station, trois histoires

Le nom de cette station est un petit roman à lui tout seul. D’abord, La Motte-Picquet rend hommage à Toussaint-Guillaume Picquet de La Motte, un amiral français du XVIIIe siècle, célèbre pour ses exploits contre les Anglais. C’était un proche de Louis XVI… autant dire qu’il a vécu une époque mouvementée.

Ensuite, Grenelle, c’est l’ancien village intégré à Paris en 1860, dont une partie constitue aujourd’hui le quartier. Le nom a été conservé pour ancrer la station dans la géographie locale — mais aussi parce que c’est un nom qui résonne avec l’histoire ouvrière du coin.

C’est aussi au pied de cette station que débute au sud la très joyeuse et commerçante rue du commerce…à ne pas manquer ! Et au nord débute la très classe avenue de la Motte Picquet qui mène droit au Champs de Mars, à l’Unesco et aux Invalides

Petite anecdote : À l'origine, ce quartier abritait des casernes et des usines. On trouvait même des fabriques de munitions à Grenelle, d’où une ambiance pas toujours très “zen” au XIXe siècle...


Dupleix : un général, des stations, et une histoire coloniale

Juste à côté, la station Dupleix rend hommage à Joseph François Dupleix, gouverneur général des établissements français des Indes au XVIIIe siècle, basé à Pondichéry (une rue du quartier porte le nom de cette ville). Un personnage contreversé associé à l’expansion française en Inde… avant d’être rappelé en France et oublié par ses contemporains.

Aujourd’hui, son nom vit à travers cette station et le square qui l’entoure.


Le pont Bir-Hakeim : du Viaduc de Passy à un décor de cinéma

Ce pont est l’un des emblèmes du quartier, et relie le 15e au 16e. Construit entre 1903 et 1905, il s’appelait initialement le Viaduc de Passy. Sa double structure (une voie routière en bas, le métro aérien au-dessus) en fait une pièce d’ingénierie rare à Paris.

En 1948, il est rebaptisé Pont de Bir-Hakeim en hommage à la bataille de 1942, où la 1re brigade française libre du général Kœnig a tenu tête aux troupes de l’Afrikakorps de Rommel, en Libye. Un nom chargé d’héroïsme.

Et si vous continuez votre promenade au pied du pont Bir-Hakeim, ne manquez pas l’entrée de l’Allée des Cygnes. Cette mince île artificielle longue de 850 mètres a été créée en 1827 pour protéger le port de Grenelle des courants de la Seine. On y accède par un escalier discret… mais le dépaysement est total.

C’est une parenthèse de calme au milieu de la ville, parfaite pour marcher en silence entre les péniches et les gratte-ciel. Tout au bout de l’allée se dresse une version réduite de la Statue de la Liberté, offerte par les Américains à la France en 1889 pour commémorer le centenaire de la Révolution française. Elle regarde vers l’ouest, en direction de sa grande sœur de New York. Un clin d’œil transatlantique en plein Paris.

Anecdote : Cette allée a inspiré plusieurs photographes, mais aussi des musiciens de jazz qui venaient y jouer en cachette dans les années 1950, attirés par son acoustique unique entre les deux bras de la Seine. Encore aujourd’hui au hasard des beaux jours certains musiciens jazzy s’y installent

Fun fact : Sous le pont se cache une statue peu connue mais impressionnante : La France renaissante, réalisée par Holger Wederkinch, un sculpteur danois. Ce cavalier dressé face à la Seine et face à la Tour Eiffel donne un air épique au lieu, parfait pour les scènes de cinéma et pour les photos des futurs mariés !

Côté pop culture : Le pont a servi de décor à de nombreux films et séries, dont Inception de Christopher Nolan, mais aussi l’incroyable cascade de Jean Paul Belmondo dans Peur sur la ville. Sans oublier la terrible course poursuite dans Ronin ! Il parait même que dans certaines scènes du Dernier tango à Paris l’on distingue ce pont…


Le Village Suisse : un détour arty et inattendu

Juste derrière la station La Motte-Picquet – Grenelle se cache un ensemble architectural un peu à part : le Village Suisse. Ce lieu atypique trouve son origine dans l’exposition universelle de 1900. À l’époque, on avait reconstitué un petit village alpin, avec chalets, vaches et artisans en costume, pour représenter la Suisse aux visiteurs du monde entier.

Une fois l’expo terminée, l’idée d’un village a perduré, mais cette fois sous forme de galeries d’art, de brocanteurs, d’antiquaires et d’objets insolites. C’est devenu un repaire d’amateurs de belles pièces et de collectionneurs.

Anecdote : Dans les années 1950-60, on disait que certaines pièces rares achetées dans le Village Suisse finissaient dans les salons d’ambassade ou chez des stars. On raconte même que Dalí y aurait fait quelques emplettes.

Aujourd’hui, le lieu a été modernisé mais garde cette atmosphère feutrée, presque secrète, entre deux immeubles modernes de la rue de l’Avre et la rue du Général de Larminat.


Un mot pour finir ?

Bir Hakeim - Dupleix – Motte-Picquet, c’est un quartier qui ne fait pas de bruit, mais qui en dit long. Son histoire, tissée de conquêtes, de résistances locales, de ponts mythiques, de villages réinventés et d’îles secrètes, se lit dans chaque nom de rue, chaque station, chaque allée.

Si vous prenez le temps d’écouter, ce coin du 15e a toujours quelque chose à murmurer à qui sait flâner.

Dans cette ville de Paris que j’aime tant et dans ce quinzième arrondissement pour lequel j’ai une attache si forte, c’est dans ce quartier que je vis et vous savez quoi…je ne le quitterai pour rien au monde.

Franck Bernard

Le Duo Parisien

Partager ce contenu
En ce moment
Partagez un contact et gagnez 960€* en moyenne
En me transmettant les coordonnées de votre contact, vous percevrez 10% de mes honoraires si la vente se concrétise.
Devenir apporteur d'affaires
Partagez un contact et gagnez 960€* en moyenne

Découvrez le prix de votre bien par rapport au marché

Vendre vite c'est vendre au bon prix
Franck BERNARD
Franck BERNARD
Conseiller Capifrance